
Audric – Fondateur et directeur de Libow
En résumé
- L’orientation plein sud avec une inclinaison de 30° est la référence, mais elle n’est pas une obligation.
- Un toit sud-est ou sud-ouest produit environ 90 à 95 % d’un plein sud.
- Un toit est ou ouest produit environ 75 à 85 %, avec une production plus étalée sur la journée — souvent meilleure pour l’autoconsommation.
- Une inclinaison entre 15 et 45° reste tout à fait performante.
- L’ombrage pénalise davantage qu’une orientation imparfaite : c’est le premier point à examiner.
- Un toit terrasse offre généralement plus de liberté : on choisit l’orientation et l’inclinaison.
- Quand le toit ne convient pas, il existe presque toujours une alternative.
Sommaire
- En résumé
- Pourquoi l’orientation et l’inclinaison changent-elles tout ?
- Quelle est la meilleure orientation pour des panneaux solaires ?
- Combien produit une installation photovoltaïque selon son orientation, en Occitanie ?
- Quelle inclinaison viser pour ses panneaux ?
- Faut-il adapter l’inclinaison de ses panneaux photovoltaïques à sa toiture ?
- L’ombrage : le vrai ennemi de votre production
- Quelles sont les autres conditions à vérifier ?
- Pourquoi l’avis d’un expert reste indispensable
- Vous avez un projet solaire ?
- Questions fréquentes
Parce qu’elles déterminent deux choses : combien votre installation produit sur l’année, et surtout à quel moment de la journée elle produit. Un panneau solaire fonctionne d’autant mieux que les rayons du soleil le frappent perpendiculairement. Or le soleil bouge en permanence.
Il se lève à l’est, monte vers le sud en milieu de journée, et se couche à l’ouest. Il est également bas sur l’horizon en hiver, et haut en été.
Toute la question de l’orientation et de l’inclinaison consiste à présenter vos panneaux photovoltaïques le plus favorablement possible face à cette course.

Qu’appelle-t-on l’orientation d’un panneau ?
L’orientation est la direction horizontale vers laquelle le panneau est tourné, exprimée en degrés. Par convention, 180° correspond au plein sud, 90° à l’est et 270° à l’ouest. C’est simplement le point cardinal que « regarde » votre toit.
Qu’appelle-t-on l’inclinaison ?
L’inclinaison est l’angle du panneau solaire par rapport à l’horizontale. Un panneau posé totalement à plat a une inclinaison de 0°, un panneau dressé à la verticale de 90°. Sur une toiture classique, cette inclinaison est le plus souvent imposée par la pente du toit.
Pourquoi le « bon moment » compte-t-il plus qu’avant ?
Voilà le changement majeur de ces dernières années, et il modifie profondément le raisonnement. Depuis l’arrêté du 4 juin 2026, le surplus injecté sur le réseau n’est racheté que 1,1 centime par kilowattheure, quand vous achetez le vôtre autour de 0,20 €.
Autrement dit : produire beaucoup à midi, alors que la maison est vide, n’a plus grand intérêt. Mieux vaut produire au moment où vous consommez. Une orientation est ou ouest, qui étale la production sur le matin et la soirée, peut donc s’avérer économiquement plus pertinente qu’un plein sud qui concentre tout à l’heure du déjeuner. C’est tout l’enjeu de l’autoconsommation solaire.
Quelle est la meilleure orientation pour des panneaux solaires ?
La meilleure orientation reste le plein sud, qui maximise la production annuelle totale. Mais l’écart avec les autres orientations est bien plus faible que ne le croient la plupart des propriétaires et il se réduit encore lorsqu’on raisonne en économies plutôt qu’en kilowattheures bruts.
Le plein sud est-il vraiment indispensable ?
Non. Le plein sud constitue la référence, celle à laquelle on compare tout le reste : c’est l’orientation qui capte le maximum d’énergie sur l’année, avec un pic de production autour de midi. Mais c’est un optimum théorique, pas une condition d’accès au solaire.
Il présente d’ailleurs un défaut, dans le contexte actuel : cette production très concentrée en milieu de journée coïncide souvent avec le moment où la maison est vide. Le surplus part alors sur le réseau, pour un centime.
Sud-est ou sud-ouest : perd-on beaucoup ?
Très peu. Une orientation sud-est ou sud-ouest conserve environ 90 à 95 % de la production d’un plein sud. La différence est marginale, largement dans la marge d’incertitude d’une année météo à l’autre.
Le pic de production, lui, se décale : plus tôt le matin pour un sud-est, plus tard dans l’après-midi pour un sud-ouest. Ce décalage est une qualité si vos habitudes de consommation s’y prêtent.
Est et ouest : est-ce viable ?
Oui, tout à fait. Une orientation est ou ouest conserve environ 75 à 85 % de la production d’un plein sud. On perd un peu en volume, mais on gagne un profil de production étalé : le pan est produit dès le matin, le pan ouest jusqu’en fin d’après-midi.
Pour un foyer qui consomme surtout au petit-déjeuner et en soirée, ce profil est souvent plus intéressant qu’une grosse production concentrée à midi. Et lorsque la toiture le permet, répartir les panneaux sur les deux pans, est et ouest, produit une courbe régulière du matin au soir.
Peut-on installer des panneaux plein nord ?
Techniquement oui, économiquement rarement. Une orientation plein nord entraîne une perte de l’ordre de 30 à 50 %, selon l’inclinaison. D’ailleurs, plus le toit est pentu, plus la perte s’aggrave, puisque les panneaux se détournent du soleil.
Si votre seul pan disponible est au nord, ce n’est pas pour autant la fin du projet : d’autres implantations existent.
Résumé des orientations
| Orientation | Production relative | Pic de production | Profil de foyer adapté |
|---|---|---|---|
| Sud | 100 % (référence) | Milieu de journée | Présent en journée, chauffe-eau ou clim pilotés |
| Sud-est / Sud-ouest | 90 à 95 % | Matinée / après-midi | La plupart des foyers |
| Est | 75 à 85 % | Matin | Consommation matinale marquée |
| Ouest | 75 à 85 % | Fin d’après-midi | Retour du travail, soirée |
| Est + Ouest combinés | 75 à 85 % | Étalé matin et soir | Excellent pour l’autoconsommation |
| Nord | 50 à 70 % | Faible et diffus | Déconseillé, envisager une alternative |
Combien produit une installation photovoltaïque selon son orientation, en Occitanie ?
Plutôt que de vous donner des moyennes nationales, voici un cas réel. Il s’agit d’une installation photovoltaïque que nous avons posée en Occitanie, équipée de panneaux solaires de 375 Wc, dont nous avons relevé la production sur l’année 2024. Les panneaux sont répartis sur trois pans de toiture d’orientations différentes, une configuration idéale pour comparer.
| Pan de toiture | Orientation | Nombre de panneaux | Production annuelle | Production par panneau |
|---|---|---|---|---|
| Sud | 190° | 6 | 3 144 kWh | 524 kWh |
| Est | 100° | 5 | 2 324 kWh | 465 kWh |
| Ouest | 280° | 5 | 2 156 kWh | 431 kWh |
Que faut-il retenir de ces chiffres ?
Regardez la dernière colonne, celle de la production par panneau photovoltaïque, même s’il y a un panneau supplémentaire orienté vers le sud, l’écart n’est pas si significatif.
Un panneau orienté à l’est a produit 465 kWh, soit environ 89 % de son homologue plein sud. À l’ouest, 431 kWh, soit environ 82 %. Ces écarts sont bien moindres que ce que redoutent la plupart des gens. Concrètement, un panneau « mal orienté » ne produit pas moitié moins : il produit un cinquième de moins.
Un mot sur l’écart entre l’est et l’ouest, qui surprend parfois. Il tient à l’exposition exacte des pans et aux conditions locales, notamment la brume matinale, qui pèse davantage sur le pan est, et les ombres portées propres au site.
Est-il intéressant de répartir sur deux pans ?
Souvent, oui. En répartissant les panneaux entre un pan est et un pan ouest, vous obtenez une production qui démarre tôt le matin et se prolonge en soirée, au lieu d’un pic unique. Vous produisez donc davantage aux heures où vous êtes chez vous, et vous autoconsommez mieux.
C’est un bel exemple de ce que j’expliquais plus haut : le meilleur choix technique n’est pas toujours celui qui produit le plus de kilowattheures, mais celui qui vous en fait économiser le plus.

Quelle inclinaison viser pour ses panneaux ?
L’inclinaison idéale se situe autour de 30 à 35° en France. En Occitanie, compte tenu de notre latitude, on vise plutôt le bas de cette fourchette, autour de 30°.
Pourquoi l’angle idéal dépend-il de la latitude ?
Parce que la hauteur du soleil dans le ciel varie avec la latitude. Plus on descend vers le sud, plus le soleil monte haut, et moins il faut incliner les panneaux pour lui faire face. Un toit du nord de la France gagne à être plus pentu qu’un toit héraultais. C’est aussi pour cela que les toitures méridionales, traditionnellement peu inclinées, se prêtent naturellement bien au photovoltaïque.
Faut-il s’inquiéter si mon toit n’est pas à 30° ?
Non. Une inclinaison comprise entre 15 et 45° reste très performante, avec des pertes qui n’excèdent pas quelques pour cent. Or c’est précisément la plage dans laquelle se situent la quasi-totalité des toitures. Les couvertures en tuiles canal, si répandues dans le Midi, tournent généralement autour de 20 à 30° : autant dire dans l’optimum.
En pratique, l’inclinaison des panneaux solaires est rarement le paramètre qui fait basculer un projet. L’ombrage l’est bien davantage.
Que se passe-t-il à plat ou à la verticale ?
À plat, à 0°, la perte reste contenue, de l’ordre de 5 à 10 %. Le vrai problème n’est pas la production mais l’entretien : sans pente, la pluie ne lave plus les panneaux, la poussière s’accumule et l’eau stagne. C’est pourquoi on ne pose jamais totalement à l’horizontale.
À la verticale, à 90°, la perte grimpe à 30 % environ. Cette configuration, réservée aux façades ou aux garde-corps, favorise l’hiver au détriment de l’été, le soleil étant alors bas sur l’horizon.
| Inclinaison | Effet sur la production annuelle | Saison favorisée |
|---|---|---|
| 0° (à plat) | − 5 à 10 % | Été |
| 15 à 25° | Quasi optimale | Équilibrée |
| 30 à 35° | Optimale | Équilibrée |
| 45° | − 2 à 5 % | Hiver |
| 60 à 90° | − 20 à 30 % | Hiver |
Faut-il adapter l’inclinaison de ses panneaux photovoltaïques à sa toiture ?
Dans l’immense majorité des cas, on épouse la pente existante. Mais tout dépend du type de toit.
Toiture inclinée : la pente s’impose-t-elle ?
Oui, presque toujours. Sur une toiture en pente, les panneaux solaires sont posés en surimposition, parallèlement à la couverture, à quelques centimètres au-dessus des tuiles. Cette lame d’air favorise le refroidissement des panneaux, ce qui améliore leur rendement, et préserve l’étanchéité du toit.
Chercher à corriger la pente avec des structures inclinées serait contre-productif : surcoût, prise au vent, esthétique dégradée, et gain souvent négligeable. La bonne nouvelle, c’est que nos toitures régionales sont naturellement bien inclinées.
C’est le grand avantage du toit plat : vous avez carte blanche. Puisque aucune pente ne vous contraint, on installe des structures qui orientent les panneaux exactement où l’on veut, typiquement plein sud, à 30°.
Toit terrasse : peut-on choisir librement ?
Ces structures sont généralement lestées, c’est-à-dire maintenues par leur poids, sans percer l’étanchéité de la terrasse. Deux points de vigilance : d’une part, on ne pose jamais à plat, pour les raisons d’auto-nettoyage évoquées plus haut ; d’autre part, il faut ménager un espacement suffisant entre les rangées pour qu’elles ne se fassent pas de l’ombre entre elles, ce qui consomme un peu de surface.
Un toit terrasse est donc souvent une excellente configuration, parfois meilleure qu’un toit en pente mal orienté.

L’ombrage : le vrai ennemi de votre production
Voici le point le plus important de cette page, et celui qu’on néglige le plus : une ombre régulière coûte plus cher qu’une orientation imparfaite. Un panneau plein sud à l’ombre trois heures par jour produira moins qu’un panneau plein ouest en plein soleil.
Avant même de vous demander si votre toit est bien orienté, demandez-vous s’il est bien dégagé.
D’où viennent les ombres ?
Les sources sont toujours les mêmes, et souvent proches : une cheminée, un arbre (qui grandit d’ailleurs), un bâtiment voisin, une antenne, un velux en saillie, ou encore le relief environnant. Dans les agglomérations, un mur mitoyen plus haut suffit à assombrir une portion de toiture en fin de journée.
Pourquoi une petite ombre pénalise-t-elle autant ?
Parce que les panneaux d’une installation photovoltaïque sont électriquement solidaires. Lorsqu’ils sont câblés en série sur un onduleur central, un panneau ombragé bride le courant de toute la chaîne, un peu comme un tuyau pincé réduit le débit de toute la conduite. Une ombre sur un seul panneau peut ainsi dégrader la production de plusieurs.
C’est ce qui explique qu’un ombrage partiel ait des conséquences disproportionnées par rapport à la surface réellement ombragée.
Comment limiter l’impact d’un ombrage ?
Plusieurs leviers existent, et c’est là qu’une bonne conception fait la différence. On peut repositionner les panneaux pour éviter la zone concernée, quitte à renoncer à quelques modules. On peut surtout choisir une électronique adaptée : des micro-onduleurs ou des optimiseurs de puissance rendent chaque panneau indépendant des autres, si bien qu’un module à l’ombre ne pénalise plus ses voisins.
Comment repérer les ombres sur une journée entière ?
Faites l’exercice vous-même, c’est instructif : observez votre toit le matin, à midi et en fin d’après-midi, et notez ce qui projette une ombre. Gardez à l’esprit que le soleil est bien plus bas en hiver : une ombre inexistante en juillet peut couvrir la moitié du toit en décembre.
Lors de nos études, nous modélisons ces masques solaires sur l’année entière. C’est la seule façon de savoir précisément ce que coûte un arbre et s’il vaut la peine de l’élaguer.
Quelles sont les autres conditions à vérifier ?
L’orientation, l’inclinaison et l’ombrage forment le trio le plus déterminant, mais une installation réussie suppose de vérifier quelques autres points.
Le toit est-il en bon état ?
C’est une règle sans exception : on refait la couverture avant de poser des panneaux solaires, jamais après. Une installation photovoltaïque dure vingt-cinq à trente ans. Si votre toiture doit être reprise dans cinq ans, il faudra déposer puis reposer les panneaux, avec le coût que cela suppose. Un toit sain, sans tuiles cassées ni infiltrations, est la première condition.
La charpente supporte-t-elle le poids ?
Une installation solaire ajoute de l’ordre de quinze à vingt kilos par mètre carré, ce qu’une charpente saine encaisse sans difficulté. Le sujet mérite néanmoins un contrôle, en particulier sur les bâtiments anciens ou les charpentes déjà fragilisées. Cette vérification fait partie de toute étude sérieuse.
Ai-je assez de surface disponible ?
Comptez environ 6 à 8 panneaux pour une installation de 3 kWc, soit une quinzaine de mètres carrés. Ce qui compte n’est pas la surface totale du toit, mais la surface utile : bien orientée et dégagée d’ombres.
Y a-t-il des contraintes d’urbanisme ?
Oui, presque toujours au moins une déclaration préalable de travaux en mairie. Et en Occitanie, nous rencontrons régulièrement des secteurs protégés, abords de monuments historiques, centres anciens, sites classés, où l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France s’impose et peut conditionner la teinte des panneaux ou leur emplacement. Ce n’est pas rédhibitoire, mais cela s’anticipe.
Ma consommation est-elle adaptée ?
C’est une condition qu’on oublie, alors qu’elle prime sur toutes les autres. La plus belle orientation du monde ne rattrapera pas une installation photovoltaïque surdimensionnée par rapport à vos besoins : vous produiriez un surplus massif, revendu à un centime. Une bonne installation solaire part de votre consommation réelle, pas de la surface de votre toit.
La check-list des conditions
| Condition | Idéal | Acceptable | Si ce n’est pas le cas |
|---|---|---|---|
| Orientation | Plein sud | Sud-est à sud-ouest, est, ouest | Autre pan, sol, carport |
| Inclinaison | 30° | 15 à 45° | Structures inclinées (toit plat) |
| Ombrage | Aucun | Ponctuel, hors heures de pointe | Optimiseurs, micro-onduleurs, élagage |
| État du toit | Récent ou sain | Bon état général | Refaire la couverture avant |
| Charpente | Saine | Contrôlée | Renforcement |
| Surface utile | 15 m² et plus | Selon la puissance visée | Réduire la puissance |
| Urbanisme | Zone libre | Déclaration préalable | Adapter le projet (avis ABF) |
| Consommation | Adaptée à la puissance | — | Redimensionner l’installation |
Pourquoi l’avis d’un expert reste indispensable
Tout ce que vous venez de lire constitue des ordres de grandeur. Ils sont justes, ils vous permettent de comprendre les mécanismes et de porter un premier regard éclairé sur votre toit. Mais aucun tableau ne remplace un relevé sur site.
Deux maisons voisines, même orientation, même pente, peuvent donner des résultats très différents : un pin parasol chez l’un, un mur mitoyen chez l’autre… La bonne installation ne se déduit pas d’une règle générale, elle se construit à partir de votre situation réelle : masques solaires modélisés sur l’année, état de la charpente, courbe de consommation, contraintes d’urbanisme.
C’est exactement ce que nous faisons lors d’une étude énergétique : nous ne cherchons pas à vous vendre le maximum de panneaux solaires, mais à déterminer combien, où, et à quelle inclinaison ils seront réellement utiles chez vous.

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